Il est 6h34. Je suis en pyjama. Je change la couche de Mini-Troll. Dès qu’il se retrouve les fesses à l’air, il s’attrape le zizi et le triture dans tous les sens façon chewing-gum mâché. Et puis sans prévenir, il me pose sa question du moment :

« Ala ?

Ala signifie, en langage mini-trollien : « comment ça s’appelle, ça, s’il-te-plaît ». Je réponds donc :

- Zizi. C’est ton zizi.

- Gigi.

- Oui ! Bravo ! C’est le zizi de Mini-Troll !

- Gigi.

- Allez, hop, je ferme la couche. Au-revoir zizi, à toute à l’heure !

- ‘Va !

Puis Mini-Troll tend son index boudiné vers moi.

- Zizi ?

Et voilà. 16 mois. Le début des emmerdes.

- Ah non. Moi, j’ai pas de zizi. Les mamans, elles ont pas de zizi. Toi, t’es un garçon. Tu es comme papa. Tu as un zizi comme papa.

- Papa ?

- Oui, papa a un zizi.

- ‘Ê’ar ?

- Oui, Têtard a un zizi.

- Maman ?

- Non, mon Mini-Troll. Maman n’a pas de zizi.

Mini-Troll fronce les sourcils. Il trouve ça louche, cette histoire. Il se lève, attrape le col de mon t-shirt, plonge les yeux dedans, pointe son doigt vers un sein et, avec l’air de dire « ho, tu te fous de ma gueule ou quoi ? », il lance victorieux :

- Gigiiii ! »

Un et un font deux. Deux zizis. Le père Freud doit se retourner dans sa tombe.