Le lundi, c’est pas ravioli, c’est  »coloriage party ». D’un côté Mathilde et sa petite soeur Lucie. De l’autre, Têtard et Mini-Troll. Au final, une fine équipe en délire pour l’« atelier dessinatoire ». Quatre gnomes en folie qui dégainent feutres et crayons, et vas-y que je te peins un martien avec son pistolet laser, une vache multicolore et son chapeau à fleurs, un oiseau-mais-avec-les-ailes-ouvertes-parce-que-fermées-il-peut-même-pas-voler-et-c’est-carrément-trop-nul, etc.

Vers 18h15, les filles regagnent leurs pénates. Déprime générale.

Aujourd’hui, devant la porte, Mini-Troll (18 mois) s’approche de Lucie (23 mois). Il se plante face à elle. Elle le regarde droit dans les yeux. Silence. Ils s’observent. J’entends in petto la musique d’Ennio Morricone dans Le Bon, la brute et le truand. Soudain, sans prévenir, Mini-Troll lui attrape le visage et schmouk, lui colle un gros bec sur la bouche. Schmouk. Un autre. Schmouk. Once again. Schmouk ! Allez, c’est partiiiii, on va pas bouder son plaisir, encore un !

Gavé, il s’essuie avec sa manche et se tourne vers moi :

« Beeeuuurrrk. »