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Je suis paix. Je suis amour. Je vais chercher Têtard à l’école.
« Tu as passé une bonne journée mon Têtard ?
- Oui, j’ai joué aux chevaliers et j’ai défendu les filles.
- Super. Et t’as mangé quoi ce midi ?
- Attends, laisse-moi réfléchir… Euh… je me souviens plus. Les raviolis, c’était hier… Ah si : de la langue de taureau ! »
C’est dit. Toi, simple mortel, tu t’enfournes éventuellement de la langue de boeuf. Têtard, lui, se tape du taureau. Y aurait-il une couille dans le potage ?
Nous avons un jeu hautement intellectuel avec Têtard et Mini-Troll. MT est dans sa poussette. On attend. Têtard court dix mètres plus loin. Il me dit : « prêt ? Partez ! ». Je me précipite vers lui. MT hurle de bonheur dans son 4×4. On fonce, on fonce, et paf, on s’arrête juste aux pieds de Têtard qui se jette sur son frère et fait trembler ses petits tympans en beuglant : « Groooooos lézaaaaaaaard ! ». Je t’avais prévenu. La grande classe. Totale cérébrale, la famille.
Je suis paix. Je suis amour. Je fais le gros lézard. MT en redemande.
« Encooooo ! Encooooo !
- Allez maman !
- Z’êtes marrants. Ca fait au moins dix-huit fois, la rue est en pente, j’ai perdu trente litres d’eau sous chaque bras.
- Alleeeeeeeez ! »
Etre paix et amour, c’est pas que de la gueule, hein. Je m’y remets. Têtard prend de l’avance.
« Attends maman, attends ! Je vais encore plus loin cette fois ! Tiens, je vais… jusqu’à cette voiture rouge ridicule, là !
- Ok, je te rejoins à la voiture ridicule ! »
Tu y crois que le propriétaire de la « voiture rouge ridicule » était juste derrière moi ? Et que s’il avait eu une barre à mine, il s’en serait servi pour me casser les deux tibias, vue sa tête ? Question subsidiaire : sauras-tu deviner quel était le modèle de la voiture ridicule ?
Ah, la Bretagne ! Ses crêpes, son cidre, ses petites maisons en pierre, sa mer qu’on voit danser… Têtard a grimpé sur les rochers, fait des pâtés, traqué les mollusques. Et Mini-Troll ?
Mini-Troll n’aime pas la mer. Il a peur des vagues.
Mini-Troll n’aime pas les mouettes. Il a peur des mouettes.
Mini-Troll n’aime pas les poissons. Il a peur des poissons (sic).
Mini-Troll aime le sentier des douaniers, le dimanche, alors que tous les Bretons se donnent la main pour une promenade digestive.
« Maman ?
- Oui Mini-Troll ?
- C’est quoi ça ?
- Ce sont des rochers de granit rose qui sont loin dans la mer. Ca fait comme des petites îles.
- Non.
- … Non ?
- Non, c’est du caca.
- Euh… non Mini-Troll, c’est des rochers.
- C’est-du-caca.
- Des rochers… et parle moins fort silteuplé.
- DU CACA ! C’EST DU CACA OUIIIIII ! LA MER OUI, C’EST DU CACAAAA ! »
Allô la police ? Venez vite, une famille de parisiens en vacances est en train de se faire lyncher sur le chemin des douaniers…
Je suis paix. Je suis amour. J’emmène Mini-Troll boire un coup au café du coin. Pendant qu’il sirote son jus de fraise, il fait des commentaires sur tout ce qui se passe.
« C’est quoi ?
- C’est une moto, Mini-Troll.
- Du brrruit.
- Oui.
- Là, sien.
- Oui, c’est un chien.
- Plein poils.
- Oui.
- Beurk, pas beau, non.
- Tu as raison, c’est un petit roquet assez moche.
- Bougie môssieur.
- Où ça ?
- Là.
- Non mon Mini-Troll. C’est pas une bougie. Ca c’est… euh… une cigarette.
- Y crache le môssieur. Y crache fumée. Y crache feu ? Y CRACHE FEU ? PINPOOON PIINNN POOOOON, AU FEU LES POMPéé A MAISON QUI BRUUUUUULEEUUUH ! »
Il a fallu des super-pouvoirs de Super-Laitue pour éviter que MT balance son verre de jus à la face du voisin pyromane. J’ai mis dix minutes à le calmer.
Et sinon, nous partons jeter les Têtards à la mer pendant une semaine. De petites vacances en perspective pour ce blogounet. Et mille excuses de poster un peu moins en ce moment, tu sauras bientôt pourquoi (rhooo, ce teasing de la mort qui tchue !)…
Je suis paix. Je suis amour. Je suis fatigue. Maminette, qui est là pour les vacances, décide de me masser. Hosanna ! Je m’allonge et me dépoile (non, c’est pas indécent). Têtard, occupé avec une voiture, me voit soudain :
« Dis donc, maman, t’es quand même jolie. Je veux dire même sans ton truc à seins… »
Je suis paix. Je suis amour. Je garde Têtard qui affiche une température à 39,5° depuis trois jours. Ayant besoin d’une pause pour aller chercher Mini-Troll, je confie Têtard à Jay, sa baby-sitter… Quand je les laisse, ils sont affalés dans le canapé et lisent des histoires. Quand je reviens, j’enlève le manteau de Mini-Troll et j’entends :
« Jay ?
- Oui, Têtard ?
- Mais enfin, cache tes seins ! Attends, on les voit trop, là ! Ils dépassent de partout ! »
Y a pas, Têtard a un vrai problème avec les nichons…
Je suis paix. Je suis amour. Je vais chercher Têtard à l’école. En route pour la crèche !
« Maman ?
- Oui mon Têtard ?
Têtard désigne son entrejambe :
- Il est là le zizi, hein ?
- Ben oui ! C’est sa place.
- C’est là qu’il est installé. Bien confortablement. Et il va au cinéma…
- Ah bon ? (Yesss, the réplique du siècle is back !)
- Oui, en fait, le pantalon, c’est un cinéma. Et le zizi, il est dans son fauteuil-slip, et il est assis et il regarde son film. Aïe…
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Je sais pas, j’ai mal à la tête.
- Où ça ?
- Ici… J’ai peut-être une panne de cerveau… »
Je suis paix. Je suis amour. La maman de Mathilde et Lucie aussi. Alors on décide d’aller au parc avec la brochette de Têtards histoire de leur dégourdir les pattes. On passe dans un petit chemin piétonnier… et deux mobs déboulent sans crier gare et manquent de renverser Lucie qui courait devant nous. Gros coup d’adrénaline dans les chaumières.
« Mathilde ! Lucie ! Venez me donner la main !
- Têtard ! Mini-Troll ! Vous tenez la poussette. On ne bouge plus !
Têtard s’impatiente.
- Mais maman, pourquoi on doit tenir la poussette ? Je croyais qu’on allait au parc ?
Mathilde intervient et lui murmure à l’oreille :
- T’inquiète, au parc, elles vont nous relâcher. »
Je suis paix. Je suis amour. J’emmène Têtard à l’anniversaire d’une de ses copines. Il est silencieux. Qu’est-ce qu’il mijote encore ?
« Maman ?
- Oui mon Têtard ?
- Je me demande…
- Quoi ?
- Un chat et une poule… Euh… ça fait quoi ? Des pouchins ? »
Têtard est avec sa baby-sitter Jay. Ils lisent les aventures de Paulo, petit spermatozoïde supra-fort en natation. Ce bouquin très sympa explique tout sans rien dire de la conception. Comment Paulo fait la teuf avec ses potes dans les coucougnettes de monsieur Dupont. Et comment il attend la grande course pour gagner le premier prix : l’oeuf de madame Dupont. Je travaille un peu plus loin. Avec mon casque.
« Maman ? Maman ? Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ?
- Hein ? Oui ?
- Maman ? Tu peux veniiiiir ? Je voudrais toucher l’oeuf qu’il y a dans ton ventre. »
Je suis paix. Je suis amour. Je récupère Têtard à l’école et avec lui, son « cahier de correspondance ». Le gros titre ? Le retour des poux. La classe est infestée. J’emmène illico Têtard se faire tondre. Fzzzzzz. Rho, je plaisante. Je regarde sa tignasse. Y a rien.
« Attends mais tu fais quoi, là, maman ?
- Ben je vérifie que tu n’as pas de poux.
- Et alors ? J’ai pas de poux ?
- Non.
- Ah ! Tant mieux. Parce que tu sais, dans la classe, y a des poux. Y en a mais pleeiiiiiin ! Et tu sais, ils sont au plafond et ils ont une corde. Ils sont là, ils attendent et dès qu’ils voient une tête d’enfant, dzzzzzz ils descendent de la corde, hop, ils atterrissent. Ils se cachent et quand ils sont installés PAF ! Ils se disent « ahah, des cheveux ! ». Ils sortent leur épée laser et ziou ziou, ils cassent les cheveux ! Mais, les mamans sont là. Et elles vérifient que les enfants ils n’ont pas des poux et alors il y a des shampooings et alors BOUM, ça fait une explosion mais on l’entend même pas, hein, et les poux ils s’enfuient ! Ah ah ! Victoiiiiiiiiiiiiire ! »
Je connaissais Alien vs Predator. Maintenant, y a Têtard vs Pouxor. Top.
