Je ne sais pas si je t’ai déjà raconté à quel point ma paix et mon amour tournent au moisi dès que j’entends parler de la directrice de l’école. Inutile de finasser. Je soupçonne cette créature maléfique d’enfiler une combinaison de peau, une perruque, des dents lisses, des ongles carrés. Et de faire croire que c’est juste une directrice. Le soir venu, dans son antre, elle mange des enfants après les avoir éviscérés vivants, elle plante des aiguilles sur des poupées maîtresses, elle fabrique des guirlandes de moineaux qu’elle regarde se putréfier au coin du feu.

Têtard sait qu’elle ne voulait pas le réintégrer dans sa classe après son opération et qu’il a fallu qu’on menace de la désintégrer à coup de barre à clous pour qu’elle accepte qu’il ne reste pas quatre mois mais seulement deux et demi enfermé chez lui. Têtard n’aime pas la directrice non plus.

Je suis paix. Je suis amour. Je vais chercher Têtard à l’école.

« Ca va mon Têtard ? Tu as passé une bonne journée ?

- Oui. T’as pas des tartelettes aux fraises ?

- Euh… Non. Pas sur moi, là.

- Ah…

- Et sinon, qu’est-ce que t’as fait de… ?

- Dis donc, t’es au courant qu’il n’y a plus de fête des mamans ?

- Comment ça ?

- Ben c’est comme ça, y en a plus.

- Mais… Qui a dit ça ? (c’est pas que je tienne à mon collier de nouilles mais enfin, merde, je suis toujours la dernière au courant !)

- La directrice.

- Ah mais c’est pas la directrice qui décide ! Elle n’a pas le…

- Si, si, si ! Parce que la directrice, elle a aussi dit qu’elle était la chef du monde ! »

Sainte EducNat, priez pour nous.