Ce week-end, j’ai fait voler mon dragon, ce qui signifie en langage nordique que j’ai déserté la mare aux Têtards pour la mare aux pétards des discussions sérieuses autour de coupes de champagne avec une brochette de gens brillants et intelligents. Deux nuits blanches plus tard, je suis au bord de l’apoplexie.

Papa crapaud est paix. Papa crapaud est amour. Papa Crapaud vient me chercher à la gare. Sur le trajet du retour, nous traversons Pigalle. Soudain, Têtard émerge de son coma :

« Oh maman, regarde, là ! Y a Catwoman ! Catwoman avec des gros seins !

Je lève mon oeil torve pour apercevoir l’enseigne d’une boîte érotique. Dessus : une fille avec une paire de roploplos genre « heeelp, j’ai une montée de lait », des cuissardes, des oreilles et une queue de chat, le tout emballé dans une position suggestive. Vu que mes synapses font grève, j’ai besoin d’un certain temps pour réagir.

- C’est bien Catwoman ? Mamaaaan ? Parce qu’elle a l’air un peu bizarre… elle a vraiment vraiment des gros seins, non ?

- Oui… C’est peut-être sa soeur.

- Elle a une soeur Catwoman ?

- Faut croire. Qu’est-ce que t’en penses ?

- J’en sais rien, moi, t’as qu’à lire ! Y a un truc marqué, là, au-dessus. Est-ce que c’est CATEUOUMANEU ?

En fait, il serait plutôt écrit « Pussy’s ». Et oké, je suis une mère décontractée de la mandibule mais aller expliquer à mon fils de 5 ans combien les tenanciers ont fait montre d’esprit avec ce calembour international (« et donc Chattewoman, ça ressemble à catwoman mais en fait non, puisque chatte fait ici référence à la foufoune de Catwoman et que… ») ne me paraît pas un argumentaire adéquat, présentement.

- Attends, je lis. Hey, tu as raison mon Têtard ! C’est marqué LA SOEUREUH DE CATEUOUMANEU. On avait tout bon ! »

Gepetto était un vrai con. Sinon, il se serait rendu compte à quel point Pinocchio était un génie.